Communiqué: Fin du Collectif La Blanchisserie

 

Forte de 17 années d’histoire collective et d’aventures artistiques, La Blanchisserie, seul lieu de fabrique orienté vers les Arts de la rue en Val-de-Marne, ferme ses portes.

 

 

Espace de création, de mutualisation, d’échanges et de fêtes, la Blanchisserie a développé depuis 1997 une activité de fabrique de culture sur le territoire d’Ivry-sur-Seine. D’abord orientée vers les services et les jardins de l’hôpital de gériatrie Charles-Foix, l’association a ensuite porté le projet d’un lieu de résidences et d’actions artistiques tourné vers la ville. Plusieurs centaines de projets ont bénéficié de cet outil de travail pour la création.

 

L’activité développée a permis à l’association d’être labellisée « fabrique de culture » par la Région Ile-de-France en 2012. Nous avons été par ailleurs soutenus pendant plusieurs années par le département du Val-de-Marne et la ville d’Ivry-sur-Seine qui a accompagné le déménagement de l’association de l’hôpital vers le quartier Ivry port.

 

C’est en effet dans ce quartier en reconversion que le Collectif La Blanchisserie s’est installé en  janvier 2012, poursuivant son accueil d’artistes en résidence (près de 200 jours de travail) et la réalisation d’actions artistiques dans la ville.

 

En parallèle, l’équipe de l’association a travaillé à l’écriture d’un projet de fabrique de culture modulable et mobile, intitulé « Modulo », permettant l’adaptation de notre activité à la réalité de la ville en mutation et à ses problématiques de locaux disponibles.

 

 

 

Aujourd’hui, quel poids représente le politique dans le développement d’un projet culturel de territoire ?

 

Malgré cet historique, nous déplorons le fait qu’une décision politique soit à l’origine de la fin de notre activité. Un conflit interne aux membres de l’association a en effet permis à l’élu à la culture de la ville d’Ivry-sur-Seine de prendre position pour défendre un groupe de 3 plasticiens membres du Collectif, avec lesquels nous avions décidé à l’unanimité de ne plus collaborer. L’information est remontée jusqu’au département qui a décidé d’arrêter ses subventions, malgré l’intérêt avéré des services pour notre projet Modulo et ses perspectives réelles de développement sur le département.

 

Nous regrettons que le dialogue ait été impossible avec la ville d’Ivry-sur-Seine et se solde par l’abandon du suivi de notre activité et des relations avec notre bailleur.

 

Nous nous interrogeons sur les motifs de cette décision de politique culturelle, là où deux ans auparavant nous avait été suggérée la mise en place d’un accompagnement artistique de la transformation du quartier sur le long cours…

 

Cette situation a engendré des difficultés financières à court terme qui nous ont amenés à suspendre le projet Modulo et procéder au licenciement de la coordinatrice de l’association. Nous en sommes aujourd’hui, faute de local, à fermer nos portes et dissoudre l’association.

 

Un beau parcours qui ne s’achèvera pas là !

 

Il y a peu nous écrivions encore :

La fabrique jette un autre regard sur la ville en transformation. Elle repère, étudie, questionne les interstices ouverts çà et là par les chantiers, vite cachés derrière des barrières ou des palissades. Elle ouvre des portes.

La fabrique assimile les flux, les panneaux, les végétaux, les métaux, les murs, les tags, les déchets, les objets non identifiés. Elle les digère et en offre un aperçu poétique.

 

La fabrique combat le temps. Dans un monde où tout est immédiateté et accumulation de données, elle invite à une autre temporalité, distendue, soudainement accessible.

 

La fabrique part d’un lieu en sursis, qui voit ses voisins disparaître, pour explorer les environs et connecter les éléments qui font encore son voisinage. Elle se crée son paysage en allant chercher les trésors cachés derrière des portes, des panneaux.

 

Le temps nous a rattrapés, le sursis s’achève, la fabrique ferme ses portes. Nous n’irons plus regarder derrière les panneaux et palissades. La ville perd une part du rêve d’elle-même, de ses fabricants de regards et d’histoires.

 

 

 

Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les équipes qui sont passées par nos locaux et qui ont apporté leur soutien et leurs énergies à ces 17 années d’actions collectives. Les membres de l’association poursuivent leur route… Les résurgences de la forte identité de cette solidarité artistique et culturelle ne tarderont pas à faire pousser de nouvelles utopies collectives, les liens d’amitié et d’entre-aide n’étant pas rompus pour autant !

 

 

Merci à 2e groupe d’intervention, Agathe Delaporte, Aïouentounos, Akompani, Alex Cealis, André Lamourère, Anne Gonon, Association Tangible, Caroline Vaillant, Christine Coutris, Cie A tout bout de sons, Cie Albedo, Cie Caribou, Cie Divine Comédie, Cie Groupe B, Cie Houdart-Heuclin, Cie Illico Echo, Cie Iphigénie, Cie Nadja, Cie Une peau Rouge, Cie Terrain Vague, Claudie Solvier, Collectif F71, Docking Cie, Des Ricochets sur les pavés, Edith Rappoport, ENS Batucada, Frédéric Vignier, Gilles Montmory, Glennie Larue, Groupe LAPS, Jean-Paul et son piano, Judith Frydman, KMK, La Dernière Minute, Laurence Auffret, Le Troupeau dans le crâne, Les Costards, Les Fils de Teuhpu, Les Trackers, Mariefanny Fornasari, Nathalie Milan, Olivier Meier, Papafard, Peter O’Brien, Pierre Froment, PopCorn Cie, Rabia Enckell, Rym Nassef, Sandra Nkaké, Sébastien Boy, Sébastien Buccholz, Surnatural Orchestra, Thomas Sisqueillle, Toujours les Mêmes, Tormod Lindgren, Triple Trip Trio, Yoann Bazin… et à tous les autres.

 

 

 

Collectif La Blanchisserie

 

Les photos de nos travaux sur facebook : Page Collectif La Blanchisserie